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Les techniques culturales sans labour (TCSL) ou techniques culturales simplifiées (TCS)


Michel Desmidt
- Conseiller Spécialisé Agriculture Biologique - Chambre Agriculture de la Corrèze

Ce n’est pas seulement un changement d’outils mais une réflexion globale du système (assolement, rotation, intrants…) comme « Plus on enlève de cailloux, plus on en ramasse » !

Le développement de ces techniques est issu de la crise de 1929 et des problèmes d’érosion aux USA.
Depuis ce moment, la recherche s’est orientée vers les produits phytosanitaires et les techniques de travail du sol. En France, le développement des TCSL et TCS a été motivé par l’opportunité du gain de temps de travail, de la baisse des charges de mécanisation et d’énergie, puis les ETA se sont positionnées comme acteurs essentiels dans le développement des TCSL. Pour cette technique, il y a nécessité de mieux prendre en compte le sol et le climat, de raisonner le choix de l’outil ainsi que la profondeur du sol. On peut envisager une simplification partielle où l’on réduit le nombre de passages en fonction des circonstances (conditions climatiques, précédent cultural, durée d’interculture…) ou une simplification totale systématique sur tout ou partie de l’exploitation.

1. Pourquoi les TCSL ou TCS : quels intérêts techniques ?

Les principaux intérêts des TCS sont :
-agronomiques :effets sur la structure du sol, non inversion des couches du sol, non dilution des minéraux…),
-environnementaux : évite le dégagement de CO2, NO2, augmente la préservation de la matière organique (pas de minéralisation inutile suite à un labour) et permet de lutter contre l’érosion des sols.
On peut constater que si le passage au TCSL est bien géré (interculture, faux semis…) une diminution des stocks semenciers des adventices, notamment graminées annuelles et dicotylédones, s’effectue rapidement en surface.
Ainsi le non labour permet de perdre de la macro-porosité, mais fabrique de la micro-porosité racinaire et animale (ver de terre). De ce fait, la portance est améliorée, on augmente le stock de carbone par la baisse de sa dilution. Enfin on observe et une stabilité, voire une amélioration de la structure en surface (battance).
A terme, en remplacement du labour, la profondeur de travail diminue.
Les techniques culturales simplifiées et techniques culturales sans labour permettent de remplacer partiellement, voire complètement la charrue.

2. Quels types de travail du sol pour remplacer le labour ?

2.1. Le décompactage : de l’ameublisseur à la sous soleuse

Son objectif est de provoquer l’éclatement de la zone compactée sous le labour précédent. Il doit être réalisé dans de bonnes conditions climatiques : si trop humide, on lisse ; si trop sec, on pulvérise puis on colmate lors des pluies suivantes.
Ce travail nécessite de la puissance générant un coût élevé. Dans l’idéal, il faudrait implante r une culture à fort développement racinaire pour coloniser le milieu et ainsi prolonger l’effet du travail.

Type de matériel : à dents droites écart 60/75cm.
A lames coudées (dents Michel) écart 40/50cm.
A lames droites rapprochées de type Actisol…

2.2. Le Travail superficiel

Il consiste à ameublir les premiers centimètres du sol (casser la croûte de battance) tout en mélangeant les résidus de cultures avec le sol afin de faciliter le semis. Il se pratique avec des outils à dents ou à disques.
Types de matériel : herse, strip-till (travail de bandes), cover crop, chisel …

2.3. Le déchaumage : étape clé en non labour

Ce travail favorise la levée des adventices (précède un faux semis). Il favorise l’émiettement et le nivellement de la couche superficielle pour préparer le semis. Il contribue à la mise en contact des résidus de culture plus ou moins broyés avec le sol pour accélérer leur décomposition
Type de matériel : cover crop, dent à patte d’oie, chisel…

2.4. Le semis direct ou sur bandes fraisées

Le travail du sol s’effectue uniquement sur la ligne de semis avec pour enjeu de positionner de manière optimal la graine. Sur bandes fraisées, le travail se fait en bandes de 10 cm de large et 4 à 6 cm de profondeur. Des roues pressent les graines déposées dans les bandes. Environ 2/3 de la surface de couvertures restent intacts.
Type de matériel : pour le semis direct = semoir Horsch, pour le semis à bandes fraisées = semoir spécifique

2.5. Le labour agronomique : 10/12 pouces en largeur de travail

Il s’agit d’un labour qui effectue un retournement de la terre sur une profondeur de 12 à 15 cm. L’outil est dépossédé de ses rasettes pour enfouir moins de résidus. Le travail s’effectue en dehors de la raie de labour afin d’éviter la compaction.
 
3. En dehors des outils, d’autres moyens sont possibles et complémentaires : les couverts végétaux
 
3.1. Les couverts végétaux en intercultures

Leur utilité est reconnue pour le piégeage de l’azote non utilisé par la culture ou issu de la minéralisation de la matière organique.
Les atouts :
- protection du sol contre le ruissellemen t et l’érosion.
- stimulation de l’activité biologique.
- limitation du salissement
- constitution d’un appoint fourrager en fin d’hiver
Le choix de ces intercultures peut être orienté sur des variétés plus ou moins gélives, broyables, ou consommables par les animaux afin de rendre leur destruction la plus naturelle possible.
A suivre :
- les itinéraires techniques pour différentes cultures se travaillant facilement en TCSL / TCS
- les impacts de ces techniques sur le temps de travail et sur les consommations énergétiques