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La biodiversité d'un champ de framboisier

Voici comment l’étude réalisée par l’ADIDA sur « la biodiversité d’un champ de framboisier » a changé la vision que j’avais de l’agronomie.
Je vous engage à venir découvrir les framboiseraies sauvages de la Haute-Corrèze. Dans des secteurs préservés, aux abords des tourbières, les framboises s’y maintiennent, probablement depuis la fin de la dernière glaciation. Elles y sont belles, bonnes et saines. Les ravageurs naturels du framboisier sont présents, mais régulés par un grand nombre de prédateurs. L’écosystème, dans son ensemble, se maintient en équilibre. Les différentes espèces (plantes, ravageurs, prédateurs,…) interagissent entre elles. Mais chacune reste neutre vis-à-vis de l’ensemble de l’écosystème : il n’y a pas d’invasion de pucerons, d’explosion de cécidomyie, d’envahissement par les acariens ou de dégénérescence apoplectique de Phytophthora.
Ils sont tous présents, mais jamais méchants !
Le seul problème de ces écosystèmes sauvages, c’est qu’il n’y a pas beaucoup de framboises !
 
Par contre, ils sont riches en enseignement : nous avons pu mettre en évidence des choses surprenantes, des relations improbables. Par exemple, la relation que le sureau entretient avec de petits diptères, intervient dans la régulation de la relation qui existe entre le framboisier et son puceron. Deux phénomènes, à priori indépendants, sont en réalité intimement liés.
 
Et nous avons trouvé plus d’une centaine d’exemples similaires. Si nous avions déjà conscience, par la lutte intégrée, de l’utilité de certains insectes auxiliaires, nous avons découvert la présence de nouveaux alliés : le sureau, le hêtre, le sapin, le séneçon ou la fougère !– pour n’en citer que quelques-uns –.
 
Lorsque nous avions débuté cette recherche, notre but était d’inventorier les arthropodes du framboisier pour identifier des candidats intéressants, dans le cadre de la lutte intégrée.
Finalement, nous nous sommes rendus compte qu’ils sont bien plus nombreux et plus diversifiés que ce que nous imaginions.
 
Les anciens entretenaient des haies autour des parcelles. Ces haies hébergeaient toute une diversité de plantes, d’insectes, d’oiseaux. Si elles avaient quelques inconvénients, nous ne pouvons en aucun cas affirmer qu’elles étaient néfastes pour nos cultures, bien au contraire.
 
Aujourd’hui, nous redécouvrons l’intérêt de cette biodiversité, tout en comprenant son rôle et les interactions qu’elle entretient avec nos plantations.
 
Notre étude ouvre la voie à de nouveaux changements, à de nouvelles pratiques.
Elle apporte des clés et des éléments de réflexion pour imaginer de nouveaux itinéraires techniques de production.
 
Par exemple, lorsqu’une parcelle subit une pression importante de pucerons, il est certain que s’il y avait quelques sureaux en plus aux alentours, le problème s’en trouverait atténué.
 
D’ailleurs, ne faut-il pas envisager le problème différemment ? Ne serais-ce pas justement parce qu’il n’y a plus assez de sureau dans l’environnement de nos framboisiers que les pucerons prolifèrent ? Et comme ce ravageur a acquis une résistance aux insecticides, plus rien ne s’oppose à ce qu’il se multiplie.
Peut-être devons nous penser à rétablir ces équilibres primitifs ?
Cette étude a l’ambition de nous en faire découvrir certains.
 
La métamorphose de l’agriculture contemporaine ne sera pas une rupture. Elle nous amènera à comprendre la signification et l’intelligence de savoirs et de pratiques anciens que la technique avait cru pouvoir négliger.
 
Date d'émission : 11/10/2010
Auteur : COVES H.
Date de parution : 11/10/2010
Type de document : Etude - Rapport (+ de 3 pages)
Nombre de pages : 73 p.
Commande possible : non